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L'opposition au transport de liquides hautement radioactifs continue

Pour publication immédiate Le 4 février 2017

En dépit d'un jugement décevant de la part d'un juge américain jeudi après-midi, le 2 février dernier, il y a toujours une opposition publique à un projet de transporter 23,000 litres (6000 gallons) de liquides intensément radioactifs de Chalk River, en Ontario, jusqu'au Savannah River Site en Caroline du Sud – une distance de plus de 2000 kilomètres. Ce liquide est une solution acide d'éléments extrêmement radiotoxiques comme du césium 137, du strontium 90 et du plutonium 239.

Chalk River est située sur la rivière des Outaouais, qui elle-même se jette dans le fleuve Saint-Laurent au niveau de Montréal. Les transports controversés s'achemineraient d'abord sur la route trans-canadienne, le long de la frontière est du Québec, avant de se diriger vers les États-Unis. Les parcours précis sont gardés secrets; il y a donc possibilité que les chargements traversent Montréal. Par le passé, on a appris que des barres de combustible nucléaire irradiés en provenance de Chalk River avaient été transportées sur les ponts traversant Montréal, en route pour le site de Savannah River.

Le premier convoi armé de liquide hautement radioactif, d'une série de 100 à 150 camions sur une période de quatre ans, a été retardé l'an dernier dans l'attente du résultat d'une poursuite judiciaire à la Cour fédérale des États-Unis. Les plaignants avaient demandé à la Cour d'interdire les transports ou d'exiger une Étude d'impact environnemental supplémentaire en conformité avec la loi environnementale américaine (NEPA), du fait que jamais auparavant de tels matériaux hautement radioactifs sous forme liquide n'avaient été transportés sur des voies publiques.

Mais le 2 février, la Cour s'est prononcée contre les plaignants, se référant aux prétentions de 2013 et de 2015 du Ministère de l'Énergie [Department of Energy ou DOE] selon lesquelles le transport de ces déchets dangereux sous forme liquide ne constituait pas un risque plus grand que celui de le véhiculer sous forme solide. Par conséquent, ces chargements de déchets liquides hautement radioactifs sont considérés comme n'ayant plus d'obstacle légal, même sans Étude d'impact environnemental. Les conséquences d'un déversement et la discussion sur les solutions alternatives ne pourront plus être présentées et scrutées par le public et les autres agences intéressées, suite à ce jugement.

Sept organisations américaines avaient intenté cette poursuite: Beyond Nuclear, Nuclear Information and Resource Service, Savannah River Site Watch, Citizens for Alternatives to Chemical Contamination, Lone Tree Council, Sierra Club et Environmentalists, Inc. Des douzaines d'autres organisations des deux côtés de la frontière appuient les plaignants dans leur opposition. Tous ces groupes vont continuer à s'opposer à ce projet de transporter des liquides aussi dangereux sur des voies publiques et des ponts – chose jamais entreprise auparavant, et chose qu'ils considèrent tout-à-fait inutile, car il existe des solutions alternatives plus sécuritaires.

Tom Clements, directeur du Savannah River Site Watch en Caroline du Sud, soutient que « les citoyens de la région ne veulent pas devenir les destinataires des déchets nucléaires canadiens. L'an dernier, l'Indonésie a fait la démonstration d'une méthode appelée 'down-blending', sous l'approbation du Ministère de l'énergie (DOE), qui élimine le besoin de transporter des liquides hautement radioactifs. La même technique pourrait être utilisée au Canada. En employant le 'down-blending' et en solidifiant les déchets au Canada, ce serait moins dispendieux, plus rapide et plus sécuritaire que de déplacer ce dangereux chargement liquide à travers des douzaines de villes, puis de le traiter et le déverser dans des réservoirs à déchets vieillissants sur le Savannah River Site. »

Gordon Edwards, Ph.D., un mathématicien travaillant avec le Regroupement pour la surveillance du nucléaire [Canadian Coalition for Nuclear Responsibility ou CCNR/RSN], et Marvin Resnikoff, Ph.D, un physicien travaillant avec l'organisation américaine Nuclear Waste Management Associates, ont tous les deux présenté des déclarations techniques en appui de la poursuite judiciaire.

La déclaration du Dr Edwards, qui se basait sur des données publiées par la Commission canadienne de sûreté nucléaire et la Environmental Protection Agency des États-Unis, démontrait que la fuite de quelques onces du liquide de Chalk River pouvait ruiner l'approvisionnement en eau de toute une ville. « Ce liquide est parmi les matériaux les plus radiotoxiques au monde, » a soutenu le Dr. Edwards.

La déclaration du Dr Resnikoff soulignait qu'un impact latéral sévère sur le contenant de transport ou un feu de diésel prolongé qui occasionnerait l'ébullition du liquide et une rupture du contenant par surpression pourrait provoquer la dispersion des contenus liquides dans l'environnement. « Les conséquences de tels scénarios d'accidents très réalistes n'ont pas été adéquatement évaluées, » a soutenu le Dr Resnikoff, ajoutant que les contenants n'ont jamais été physiquement expérimentés sous de telles conditions réalistes. Le juge a refusé de lire les déclarations des deux experts.

Mary Olson, une des plaignantes dans la poursuite judiciaire, a souligné que « même s'il n'y a aucune fuite de contenu, les gens seront exposés à de pénétrantes rayonnements gamma et à des radiations neutroniques très dommageables, juste en étant assis dans la circulation à côté d'un de ces camions de transport. Et du fait que le liquide contient de l'uranium de qualité militaire, très hautement enrichi, il y a toujours une possibilité que s'amorçe un réaction en chaîne spontanée émettant un bombardement de neutrons meurtriers dans toutes les directions – un accident soit-disant de 'criticité'. »

Pour plus de détails:

Gordon Edwards, CCNR/RSN, (514) 839-7214

Mary Olson, NIRS, (828) 242-5621

Tom Clements, SRSW, (803) 834-3084

Marvin Resnikoff, RWMA, (917) 549-8231

Terry J. Lodge, co-conseiller des plaignants (419) 205-7084

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Une version “pdf” de ce communiqué se trouve ici:
http://ccnr.org/Communique_2017.pdf

An English version of this media release can be found here:
http://ccnr.org/GE_Media_Release_2017.pdf